jour de paix mont saint éloi

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 Jour de Paix à Mont Saint Eloi (20 sept 2008)

Poilus ou non, tous en liesse pour l'Armistice à Mont-Saint-Éloi

Les festivités initiées par la compagnie du Scénographe, marquaient, samedi, le début des célébrations de la fin de la Grande Guerre, avec le soutien du conseil général. Poilus, infirmières et gueules cassées ont fêté la victoire avec la population au pied des tours.


En quittant le parking et en arpentant le chemin qui monte vers le centre du bourg, où nous attend un arc de triomphe, on pense à Barnaby. Vous savez, ce Sherlock Holmes de la campagne anglaise. De la verdure, des vieilles pierres, tout est là sauf la musique. Après ce bucolique intermède, on arrive enfin près du guichet d'une petite banque en bois, puis d'une poste miniature. Rien de british là-dedans. On est bien chez nous ! Une calèche et d'antiques automobiles sont garées là, près de la mairie décorée de cocardes et de petits drapeaux. Quelques soldats français et britanniques, quelques doryphores aussi, posent avec des infirmières de la Croix-Rouge, devant l'objectif d'un photographe de la presse. L'illusion est presque parfaite. Nous sommes en 1918, on fête la fin de la « Der des ders » au pied des tours de l'abbatiale, mises à mal par quelques obus en 1915. Le président du conseil général, Dominique Dupilet, est devant un micro, il annonce une bonne nouvelle. Le terrain balisé devra protéger les visiteurs des travaux de restauration qui s'étaleront sur trois ans.

Mais de cette annonce, peu s'en préoccupent, trop occupés à inviter les petits enfants à monter dans les manèges, sur l'esplanade. On s'arrête devant la drôle de machinerie du piano mécanique (le fameux « pianopéra » bricolé par Luc Brévart). Ailleurs, on s'occupe à présenter l'avion de Blérioz devant un appareil photo géant. La guinguette ne désemplit pas avec Ché Caracols. Tandis qu'on se fait photographier dans le décor des tours en poilus, en mettant sa trombine dans l'trou, d'autres accompagnent les bêtes à l'abreuvoir. On y croise la vache et le prisonnier, qui se sont trompés d'époque, mais passons... Fred Personne, soldats poètes, fanfare et cornemuses, combats de coq au bistrot, où la Madelon vient nous servir à boire. Après une petite absinthe, nous voilà prêts à refaire le tour. Par où on avait commencé déjà ? Le manège du père La Victoire ou les jeux traditionnels ? Bon, il va falloir croquer un morceau parce qu'on ne fête pas la fin d'une guerre tous les jours... Et il faudra être d'attaque. Ce soir, c'est le grand banquet de la Victoire, suivi d'un spectacle , Le Carnet sublime et du bal des Bleuets.

PAR NICOLAS ANDRÉ nandre@lavoixdunord.fr

compagnie scénographe, arras

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